Au temps de Chissey ...


 

Au temps de la féodalité, la justice du bourg se divisait sur trois seigneuries :

  • Celle du seigneur du Château de Chissey-en-Morvan. Elle ne comprenait que son manoir et ses dépendances : Fontaine et La Verpillière. Selon la délimitation réalisée en 1608, elle suivait le cours de la rivière, en remontant jusqu'à la Côme-des-Brus, du chef qu'elle tirait à Ruisselle à la maison en ruines de Guillemain de Buffières, elle côtoyait le ru de Souvert et reprenait le cours de la rivière. Fief en toute justice, elle mouvait de l'évêché d'Autun ; mais ses dépendances relevaient du Duché de Bourgogne. Le château a reçu la visite de Napoléon, à son retour de l'Île d'Elbe ; il y passa la nuit du 16 mars 1815 avant d'aller décorer l'abbé Rasse au relais de poste de Pierre Écrite.
  • Celle de l'Évêque d'Autun s'étendait sur une autre partie du bourg. La justice se rendait sous un gros orme au nord de l'église. Les officiers du prélat y venaient 4 fois par an tenir leurs "Jours". En 1568, des gens s'opposèrent à l'exercice de la juridiction épiscopale. Le procès qui s'ensuivit confirma les droits de l'évêque. Le 25 août 1609, le bailli de Lucenay condamna Marie Robelin femme Roidot à 14 sous d'amende pour avoir traité Marie Berthaud de "Vaudoise". L'évêque avait droit de haute justice également sur Souvert, où le bailli de son Excellence venait 4 fois l'an tenir ses "Jours".
  • Celle de la Maison forte de La Mothe-Chissey formait une terre en toute justice dans la mouvance du Duché de Bourgogne, située à l'est du bourg ; dans une prairie traversée par le ruisseau du Blanot se trouve à un endroit dit des Roquets une Maison forte de la Mothe-Chissey, connue également sous le nom de Maison forte des Roquets. Le possesseur était seigneur laïc de l'église et avait des droits de dîme dans toute la paroisse ; mais il devait au curé une portion congrue de 300 livres.

Au sud est se trouve Souvert avec sa Maison seigneuriale de Souvert, qui était autrefois alternatif avec Lucenay. Les dîmes se partageaient entre le seigneur des lieux, celui de Chissey, le curé et l'évêque. Ce hameau était alternatif de Lucenay-L'Évêque.

  • Le Château de La Prée (Pratum) est un manoir du XVIIIe siècle siècle situé sur la rive droite du Ternin, à l'ouest du bourg, possédant des tourelles. Ce fief était en 1404 à Andoche de Chissey, qui en fait aveu. Il passera à la Maison du Buy.

Manoir de la prée

Au-dessus de La Prée, dans une gorge est situé Vaulsery (Valserinus) ; il y avait là autrefois un manoir dit La Grande Maison. Cette seigneurie avec haute justice mouvait en partie de la baronnie de Lucenay, et en partie de celle de Menesserre (Ménessaire). Son possesseur jouissait du droit de chasse dans toute la baronnie de Lucenay. Au XVIe siècle siècle un habitant de ce hameau, Emiland Pautot, chef d'une bande de pillards, dévasta à leur tête le Château de Monthelon, commettant moult exactions sur les biens et les personnes. Il sera condamné à être pendu et étranglé ; il le fut à Autun le 28 janvier 1583, ses biens furent confisqués au profit du seigneur.

  • Le Manoir de Commegrain, avec justice et juridiction, était la possession au XIVe siècle siècle d'une famille de ce nom. Les ruines du manoir étaient encore visibles au XIXe siècle siècle, à l'orée d'un bois. Jean de Commegrain, Ostelin de Commegrain et Jeanne de Commegrain vendirent le fief à Andoche de Chissey, qui en fit aveu à l'évêque d'Autun, Milon de Grancey, en 1401. Guillaume de Chaulgy, parent d'Andoche, en fit de même en 1413, son fils Jean de Chaulgy avait épousé N... de Chissey, dame de Vaulcery et de Commegrain, fille d'Erard de Chissey.

 

  • Ruisselles, peut-être dit l'Abbé Baudiau le Rioscella du testament de Varé. Ce lieu était jadis alternatif avec Cussy. Ce hameau fut totalement incendié en 1828, puis partiellement par deux fois en 1858. Jacques de Chaulgy jouissait de la totale justice en 1482 sur le meix Vougeot. Les habitants étaient sujets du seigneur du Buy, mais devaient néanmoins le guet et la garde au Château de Chissey. Ils étaient tenus de moudre leurs grains au Moulin de Buy. Toutefois Philibert de Clairon leur permit de réédifier l'ancien moulin du lieu dit Bulle et il leur fournit à cette fin le bois et les meules, à la condition qu'il serait mouvant, virant, tournant à la Saint Michel venant, et qu'il lui payeraient le droit ordinaire. Le 18 septembre 1656, Frédéric de Loisey et son épouse Marguerite de Cléron affranchissent Lazare Guyotat et son épouse pour la somme de 750 livres. En 1686, le fils de ces gens était juge de Buy. Le seigneur de cette terre l'échangea en 1777 à celui de Chissey pour ses droits à Buy. Le hameau de Ruisselle était alternatif de Cussy-en-Morvan.

 

  • Valouze était une dépendance de la seigneurie de Menessaire (Ménessaire), dont les habitants en 1609 se reconnaissaient justiciables, mainmortables et corvéables du baron et confessèrent qu'ils lui étaient redevables solidairement de 4 livres et 6 sous de taille à la Saint Lazare, 15 boisselets de froment, 4 de seigle et 9 et demi d'avoine à la Saint-Martin, plus pour champoyer leur bétail, tant gros que menu, dans la forêt de Patué, prendre bois-mort et mort-bois, une poule et deux boisselets d'avoine.

 

  • Buy (Boxum), aujourd'hui Buis,

chateau de buis

situé sur l'ancienne voie romaine, au nord-ouest, était selon certains savants la maison de campagne de la reine Brunehaut, au temps ou elle s'était retirée à Autun. Dans le champ situé devant le Château de Buis furent découvertes des ruines, mêlées de couches de charbon et de médailles mérovingiennes. D'aucuns pensent que ces ruines remontent aux Sarrasins en 731. La seigneurie de Buy était une terre en toute justice, mouvant de la châtellenie de Liernais. L'ancien château fut démoli en 1781 et reconstruit par celui toujours en place aujourd'hui. Sa haute justice comprenait Buy, La Prée, Ruisselles et Chaumien, s'exerçait à Saulieu, en 1732, par emprunt de territoire. Ce fief appartenait au XIIIe siècle siècle à la famille de Buy. Les habitants devaient au seigneur de Liernais les droits de messerie, de tailles, donnant six vingt-deux livres, en 1675. Près du hameau du Buis existait un lieu dit La Maladière et une maladrerie existait à Chissey-en-Morvan, ce toponyme n'est pas restitué sur la section cadastrale de 1827 mais figure au terrier de Lucenay dressé en 1460 par Simon Le Pelletier (archives de M. de Ganay à Visigneux). Sur le plan cadastral de 1813, au B n°1 à 10 figure une Croix de la Maladière, terres en bordure de la voie romaine, Autun, Châlons-sur-Saône au nord-ouest de Couches, la terre voisine portant le nom de Bains Bénits, de nombreux tessons de céramiques dans le voisinage attestent qu'il y avait là des vestiges gallo-romains.

buis tour

  • Maison seigneuriale de Vauchezeuil, dans les bois (Vallis Silvarum), mouvait en fief de Lucenay et en arrière-fief de Ménessaire (Mennessere), Jean de Ternan en fit aveu en 1341 de par sa femme, fille de Marguerite d'Aligny qui le porta à son époux messire de Nuerre. En 1397, Hugues et Andoche de Chissey, enlevant les matériaux de cette maison, furent assignés par l'évêque pour cet acte et pour devoir non fait. Le 2 mars 1597, ils étaient 9 ténementiers, auxquels Jean de Lugny, baron de Messerre accorda les droits d'usage et de pacage aux bois d'Avertz et des Latois, pour une rente de trois sous quatre deniers, par feu, deux boisselets d'avoine et une poule. Le seigneur de Liernais avait droits de messerie, de tailles, donnant six vingt-deux livres sur les habitants de ce lieu et de Buy près Chissey en 1675. Le comte de Villebertin vendit le fief en 1711 à Roch de Courroy dont la veuve, Claude de Mauroy, le repassa 9 ans après aux Buffot de Millery. Gabriel-François de Millery l'aliéna en 1755 à Louis-François de La Coste, seigneur de Buy, qui la céda à Claude Lévite de Flacellière. Etienne Liogeau, son fils, l'a repassé à Léger Guyotat, dit marquis de Messerre. Elle appartient en 1866 à son gendre Fernand Jacquinot. En 1814, dans les Bois dit Les Latois, s'assemblèrent jusqu'à 2 000 paysans favorables à Napoléon et qui résistèrent aux armées d'occupation luxembourgeoises et autrichiennes ; ils étaient connus sous le nom de Bandes de Saulieu.

 

  • Palaiseau (Palatiolum), partagé entre trois communes, faisait autrefois partie des domaines du bienheureux Varé, qui donna cette terre en 706 au Monastère de Saint Andoche de Saulieu, qui inféoda cette terre le 10 juillet 1382 à Guillaume de Clugny, seigneur de Méssaire (Messerre), parce que depuis 28 ans estant demeurée en friche à cause des pestes et autres maladies contagieuses, et des ravages des gens de guerre cette terre ne rapportait rien[14]. Andoche de Clugny, fils de Guillaume, se reconnaît en 1414 homme lige des chanoines, à cause de ce fief. Le roi l'ayant donné plus tard à la famille Brulart, il passa en 1730 à Philippe Barbuat, conseiller du roi au Parlement de Dijon[15]. Les habitants de ces lieux étaient autrefois francs-bourgeois à Saulieu, en payant 20 deniers au chapitre. Cette terre fut unie par le seigneur de Messerre à la Mothe-Chissey.

En 1789, Chissey-en-Morvan, qui est divisé en Chissey-en Royauté et en Chissey-en-Duché, dépendait du bailliage de Saulieu et de la recette d'Autun.

Toponymie

Chissey-en-Morvan, autrefois : Chisseium - Chaissey, 1260 - Cessy, 1271 - Chaisseyo, 1293 - Chissiacus avant 1312 - Chissey, 1382 - Chsissey-en-Royauté, 1757 et Chissey-en-Duché - Chissey-en-Morvant, 1783 - Chissey-en-Morvan An X. Le nom de la commune proviendrait du nom d'homme Cassius.

 

BLASON

 blason ancien de chissey

Blasonnement

« D'azur à trois tours d'or maçonnées de sable, à la bordure componée d'argent et de gueules. 

 

 

LOGO SIMPLE

Blason de Chissey retravaillé par un habitant de la commune, M. PETER.